Le Kosovo dans la tourmente

d’après Le monde diplomatique, septembre 1999, p. 11

Au Kosovo, la majorité albanaise réclame l’indépendance depuis la mort de Tito tandis que la minorité serbe se dit brimée par l’administration.

En 1989, six-centième anniversaire de la bataille du Kosovo, Milosevic supprime l’autonomie, dissout le parlement et interdit les média et l’enseignement en albanais. Sous la conduite d’Ibrahim Rugova et de sa Ligue démocratique du Kosovo, les Albanais ripostent en créant leurs propres infrastructures scolaires et sanitaires, puis proclament l’indépendance en 1991. La répression s’accentue.

L’Occident ne faisant rien pour soutenir le combat non-violent de Rugova, celui-ci est dépassé dès 1996 : l’Armée de Libération du Kosovo (UCK), qui vient de se créer, parvient à libérer certaines zones.

Dès février 98, les Serbes partent à la reconquête de la province, avec des forces spéciales et des milices paramilitaires assoiffées de violence et de sang.

Suite au vote de la résolution 1199 du Conseil de Sécurité (1998), Milosevic, menacé de frappes aériennes par l'OTAN, retire une partie de ses forces. Mais la situation se dégrade à nouveau, malgré les navettes de l’émissaire américain R. Holbrooke. La conférence de Rambouillet (février 99) échoue.

Le 24 mars, les frappes aériennes de l’OTAN commencent mais sans ébranler la détermination de Milosevic. Le doute s’installe. Les dommages collatéraux sont importants. Mais les atrocités de la purification ethnique confortent les Occidentaux dans leur décision d’intervention. Milosevic capitule enfin et les frappes cessent le 10 juin. Les casques bleus de la KFOR entrent au Kosovo qui est placé sous administration provisoire de l’ONU, sous la direction de Bernard Kouchner.


Un dossier de Jean Schils

© De Boeck & Larcier S.A. Bruxelles 2000