La décomposition de la Yougoslavie
La guerre en Croatie
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d’après Le monde diplomatique, septembre 1999, p. 11
A la mort de Tito en 1980, la succession est assurée par une présidence collective tournante de 8 personnes (1 par république et région autonome), qui ne peut maintenir l’unité longtemps.
A cela s’ajoutent les difficultés économiques : le taux de croissance s’effondre, l’endettement extérieur, précipité par la hausse des prix du pétrole et par celle des taux d’intérêt, s’accroît. Les inégalités entre républiques provoquent alors des tensions : les plus riches (celles du nord) en ont assez de payer pour les plus pauvres (celles du sud). Ces dernières accusent les premières de s’enrichir avec les matières premières achetées à bas prix chez elles.
A la fin de la décennie, le communisme est discrédité. Les leaders yougoslaves sont à la recherche d’une idéologie de substitution : ils la trouvent dans le nationalisme. C’est ainsi qu’un Slobodan Milosevic, apparatchik communiste, se convertit au nationalisme de la Grande Serbie pour prendre le contrôle du parti, puis du pays.
L’acte politique essentiel, qui signe l’arrêt de mort de la Yougoslavie, est la suppression en 1989 du statut d’autonomie du Kosovo et de la Voïvodine par Milosevic. L’état d’urgence est proclamé au Kosovo et les Serbes sont invités à recoloniser celui-ci. A ce moment, les leaders des autres républiques se sentent à la fois menacés par la Serbie et encouragés dans leurs visées nationalistes. La télévision répand une véritable haine interethnique.
Arrivés au pouvoir en 1990, les partis nationalistes de Slovénie et de Croatie proclament l’indépendance de leurs républiques, après référendum, le 25 juin 1991.
En Slovénie, l’armée fédérale n’oppose guère de résistance car c’est un pays sans minorités.
En revanche, les choses se passent plus difficilement en Croatie. Les régions de Krajina et de Slavonie où vit une forte minorité serbe, sont arrachées à la Croatie par les milices serbes avec l’aide de l’armée yougoslave. Ils s’y livrent à une sauvage « purification ethnique » : viols, exécutions, pillages.
| Un dossier de Jean Schils |
© De Boeck & Larcier S.A. Bruxelles 2000 |