La Yougoslavie de Tito

 

Envahie par les troupes allemandes en 1941, la Yougoslavie se divise en deux camps. Tandis que les Oustachis croates d’Ante Pavelic créent un Etat fasciste en Croatie et se livrent à des atrocités sans nom, les résistants communistes emmenés par Josip Broz, dit Tito, libèrent progressivement le pays.

A la fin de la guerre, Tito prend le pouvoir en Yougoslavie. Cet homme exceptionnel comprend que la balkanisation est le principal ennemi des Balkans. Il crée une fédération balkanique avec l’Albanie et la Bulgarie. Mais ces pays sont désormais dans le camp communiste et la Russie fait échouer le projet de Tito. Celui-ci, « excommunié » par Moscou en 1948, devient l’un des grands leaders du mouvement des non-alignés et mène dès lors une politique étrangère indépendante de Moscou.

L’action de Tito est aussi déterminante à l’intérieur de la Yougoslavie. Celle-ci devient un Etat fédéral, composé de 6 républiques (Bosnie, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Slovénie) et de 2 régions autonomes en Serbie (le Kosovo albanophone et la Voïvodine magyare). L’objectif est clair : mettre fin à l’hégémonie des Serbes et permettre à chaque peuple de Yougoslavie de vivre en bonne entente avec les autres.

Tito récuse aussi le centralisme bureaucratique en vigueur dans tous les pays communistes. En Yougoslavie, la Ligue des communistes est décentralisée et l’autogestion est la règle, ce qui permet au pays d’être plus prospère que les pays frères.

Tito disait : « la Yougoslavie à 6 républiques, 5 nations, 4 langues, 3 religions, 2 alphabets, 1 parti ». Il aurait pu ajouter : et un seul chef, car c’est son prestige, son intelligence et sa poigne qui garantissent l’unité de la Yougoslavie. La suite des événements le démontre.


Un dossier de Jean Schils

© De Boeck & Larcier S.A. Bruxelles 2000